Samedi 5 décembre 2009
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Léon Ouaknine, notre ami français du Canada, vient de publier aux Editions Grenier à
Montréal :
" Il n'y a jamais eu d'abonné au N° que vous avez appelé! Conversations entre un père et sa fille" (285 pages,
19 dollars canadiens), un ouvrage que nombre de bien-pensants classeront dans les ouvrages iconoclastes ! Et ils auront bien raison, pour une fois !
Mais le livre
de Léon va beaucoup plus loin que le pamphlet anti-clérical ou anti-Dieu , il est l’œuvre d’une pensée lucide au travail qui tente de démonter les effets malsains des croyances et des
establishments religieux. Léon s’attaque aux croyances établies et aux idées reçues par les hommes d’un dieu qu’il soit chrétien, judaïque ou musulman.
Je ne dirai
pas que Léon est athée car ce serait l’affubler d’une croyance, celle de l’inexistence de dieu (au passage, remarquez que je ne mets pas de majuscules au mot « dieu » ; non pas que je
sois sous influence car Léon continue lui d’en mettre une- ce qui me semble un reliquat de respect même à l’inexistant- mais parce que je décide dans cet article de le prendre comme un objet et
non comme un sujet).
Laïc : c’est le mot
qui pourrait le mieux s’approcher de Léon à condition qu’on lui colle l’adjectif « raisonnable ». Léon est un laïc « plein d’usage et raison » qui est revenu ... au Québec
« pour vivre entre ses parents le reste de son âge » (du Bellay).
Voilà pour
l’auteur. Quant à Stéphanie, sa fille, plutôt qu’un faire-valoir des idées de Léon, elle lui apporte par ses questions une réplique intelligente sans naïveté feinte.
Cet ouvrage
est une vraie et belle thèse c'est-à-dire que Léon démontre pourquoi l’individu et le groupe ont eu besoin de religion
« l’un des plus forts agents que l’humanité ait jamais inventé pour unir, solidifier et préserver les caractères spécifiques des groupements d’homo
sapiens
depuis ses débuts en petites bandes familiales jusqu’à la tribu et la nation » (p.79) . Léon
analyse, avec
sa fille, les preuves de l’inexistence de dieu et surtout en montre toutes les conséquences politiques, éthiques et civilisationnelles.
Pour
reprendre une phrase célèbre à propos de la liberté : religion, que de crimes commis en ton nom ! De l’inquisition au jihad islamique en passant par les dragonnades qui poussèrent
à l’immigration mes ancêtres (oui les miens) vers Saint Hélier et Londres !
« Quoi de commun entre les attentats contre des cliniques d’avortement aux Etats-Unis et le jihad islamique en Algérie ? Quoi de commun, si ce n’est le refus de la liberté de
l’autre au noms de valeurs sacrées, révélées en d’autres temps et d’autres lieux, par les messagers de Dieu ! » (p.13)
A
Stéphanie qui s’étonne : « les
religions n’ont pas les mains nettes. Pourquoi malgré tout jouissent –elles d’une telle impunité ? » Léon
répond « Pour
deux raisons : d’abord parce que la religion agit comme une force de cohésion ethnocentrique de son troupeau…[…] cette impunité tient à sa fonction d’intermédiaire pour l’obtention de
l’absolution divine des actes mauvais. […] comment oser , dans ces conditions, interpeller la religion, intercesseur auprès du ciel , pour exiger qu’elle rende des comptes ; peu de gens s’y
risquent. »
(pp.80,81).
Il faut aussi
dire, mon cher Léon, que l’histoire proche nous montre qu’en religion comme en politique, les pervers, les fanatiques sont ceux qui sont le plus facilement crus au détriment des gens de bon
sens, ceux qui ne font pas de bruit. Les croyants, manipulés et soutenus par leurs prêtres extrêmists, se livrent alors aux pires excès. Je suis aussi déçu que Cabu par l’attitude on ne peut plus
tiède des religieux qui savent faire la part des choses, et il y en a beaucoup.
"
Je suis
frappé de voir, en ce qui concerne les musulmans, à quel point les modérés ne s'expriment pas et laissent faire des choses terribles en leur nom.
" Cabu,
dessinateur.
Léon
Ouaknine est donc un homme de raison et de savoir. Il écrit
« qu’il ne se cache pas d’un parti pris délibéré pour la raison sur la foi, pour la connaissance sur la croyance, pour l’éthique réfléchie sur les catéchismes en tous genres. Ce choix
n’est pas arbitraire. L’usage de la raison offre une prise argumentée du réel, ce que ne font pas les religions, réduites à la foi, aux incantations et aux prières. »
Dans un monde
idéal fait de respect mutuel et de bonne entente entre les terriens, le fait de croire au sacré ne devrait pas altérer le jugement au point de commettre des crimes contre la liberté. Utopie de ma
part ?
Dans sa
conclusion, Léon va plus loin en opposant Dieu et la Raison (mettons des majuscules!) et il nous dit clairement que l’esprit humain traîne la religion comme un boulet depuis des temps immémoriaux
et que cela va aujourd’hui encore l’empêcher de relever de nouveaux défis. Ainsi, s’affranchir de la religion devrait être faire partie le viatique pour le futur, pour un autre Etre
humain.
Ton livre m’a
breaucoup fait réfléchir … moi qui mets mon espoir en l’homme et qui pense que Dieu existe et qu’il est en nous... Le reste n’est qu’histoires de prêtres de toute confession et cela ne
m’intéresse pas plus que les arguments pour ou contre les minarets à côté du château Frontenac, de la cathédrale de Bâle, du Musée du Louvre ou de la chapelle des Baux de Provence…A te lire,
Léon..
Guy
Lesoeurs
Lancement du
livre au Québec suivre...
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